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envoyer par mail à un amiComment vous est venue l’idée de cette compilation "Polaroïds Rock" ?
Difficile de dire précisément. Le polar est trop systématiquement associé au côté un peu nostalgique et vague à l’âme du blues et du jazz. Il y a dans l’écriture du polar, dans ses thèmes de prédilection, une énergie, une attitude rebelle qui a, à notre avis, autant à voir avec le rock. Rock et polar sont quasiment nés en même temps et ils se regardaient un peu de loin comme des frères jumeaux que la vie auraient séparés et qui ne s’étaient finalement jamais vraiment perdus de vue. Ils nous a semblé qu’il était temps de les faire se rencontrer à nouveau.
Comment financez-vous la production de ce disque ?
Le budget de la compilation est réduit au minimum et il est financé dans le budget général du festival. Les ventes nous aident un peu.
Cela fait 6 ans que vous renouvelez ce défi. Ne fatiguez-vous jamais ?
Cette compilation et toute l’activité qui va autour sont un peu la carte de visite de notre festival et de notre association. Presque quatre-vingt groupes, et une cinquantaine d’auteurs, autant de rencontres fécondes et passionnantes qui nous aident à passer les (petits) moments de découragement.
Comment se passe la relation entre les auteurs et les musiciens ? Qui choisit qui ?
Les auteurs et les musiciens se rencontrent pour la première fois au "Cabaret Electric", la salle où nous organisons le concert de sortie de la compilation. C’est toujours un vrai moment d’émotion partagée. Ensuite certains restent en contact, d’autres non, mais tous gardent un bon souvenir de cette collaboration. Pour le choix, c’est un peu au hasard. Certains auteurs ajoutent à leur texte une recommandation musicale (blues, valse) mais souvent ils sont pris à contre-pied et leur texte prend une allure qui les surprend et les enchante, dynamisé et même parfois dynamité par des choix musicaux qu’ils n’auraient pas imaginés. La seule règle que nous imposons aux musiciens en échange de cette confiance que nous font les auteurs, est le respect intégral, à la virgule près, du texte qui leur est confié.
Qu’appréciez-vous aujourd’hui dans le roman policier français ?
Le choix que nous avons fait depuis le début aux Ancres Noires est de faire découvrir le polar français aux lecteurs de polars qui consomment en grande partie des "têtes de gondole" anglo-saxonnes. Nous avons été surpris de voir à quel point des "monuments" du polar français comme Daeninckx, Pouy ou Villard étaient mal ou peu connus du public populaire des bibliothèques de prêt par exemple. Cela nous a conforté dans notre choix : nous essayons avec le travail de l’association de faire découvrir les auteurs que nous aimons, les plus connus, déjà cités, mais aussi d’autres moins exposés médiatiquement mais dont les livres nous ont touchés, comme P. Garnier, M. Malte JH Oppel et beaucoup d’autres. La diversité de goût des membres de l’association dans l’immense réservoir du roman noir et policier nous permet d’avoir un choix éclectique et nous l’espérons de qualité. Les romans et les auteurs étrangers quand ils nous sont accessibles nous intéressent tout autant.