C’est bien un roman, et non un témoignage, que nous propose Solenn Colléter. Pourtant, ce que vit le personnage de Laure, dans cette semaine apocalyptique de bizutage, a forcément été vécu. On entre dès la première page dans le vif du sujet, avec une scène tout en vociférations et mauvais traitements, qui débute à la descente du car ; effet maximal de surprise, les tous nouveaux élèves en prépa de cette école privée fictive pensaient bien avoir payé leur tribut, après ce week-end d’intégration.
D’ailleurs, Martin, son amoureux, dont le père est un brillant professeur de cette école, après en avoir été l’élève, ne s’est jamais appesanti sur le sujet : oui, il y a un "petit" bizutage, mais c’est la tradition, et ça deviendra vite un bon souvenir... Ah oui ?
En l’occurrence, non.
Dans le roman, une défenestration se produit la première nuit, et Laure est la seule à en être témoin, parmi les "Beuzeus" tout au moins. Au milieu de cette semaine cauchemardesque, elle mène aussi l’enquête : Qui manque à l’appel ? Qui est responsable ? Pourquoi le tait-on et comment est-il possible même de le faire ? (Habile épilogue concernant ce drame, personnellement j’étais loin du compte).
Mais surtout l’héroïne mène pas à pas une très intéressante réflexion concernant cette tradition barbare du bizutage, elle en démonte les enjeux, les procédés, expose avec clarté les manipulations, et rend le lecteur écœuré et révolté.
Un premier roman très fort.
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