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envoyer par mail à un amiBravo pour ce livre : le format, les photos, les textes, tout est trop bien ! Je suis passé par tous les stades, du rire aux larmes. Beaucoup d’émotions. Ca secoue bien et touche directement. Et puis, j’ai pu dire à mon amie : - tu vois, il n’y a pas que moi qui aime les baraques à frites !
Quel était votre passif « baraque à frites » avant de vous lancer dans ce projet ?
Je n’avais pas particulièrement connaissance du phénomène "baraque à frites" avant de me rendre régulièrement à Berck plage en vacances pour y pratiquer le cerf volant. C’est au cours de ces visites, que Blandine et moi avons pris conscience que la baraque à frites avait une importance capitale dans la vie des gens du Nord, et qu’elles faisaient partie intégrante du patrimoine de cette région.
Qui est à l’origine de ce projet ? Comment avez-vous repéré les baraques ?
A l’origine du projet, une soirée entre potes ( Blandine, Caroline et Bertrand), quelques bières, et l’idée nous est venue comme ça : on s’est dit pourquoi ne pas tenter de faire un livre sur les baraques à frites dans le nord et plus précisément sur la Côte d’Opale "région que nous aimons tout les 4" .
Concernant le repérage, cela a représenté une grosse partie du travail parce que les baraques à frites ne sont pas référencées, elles n’ont pas d’adresse. On a donc parcouru plus de 5000 km, à la rencontre des gens, qui pour certains nous ont indiqué des emplacements de baraques à frites. Au fil du périple, nous en avons découvert d’autres.
Les photos sont très variées. Vous alternez le noir et blanc et la couleur, le jour et la nuit, le statique et le mouvement, le panoramique et les cadrages en biais. D’ailleurs, j’adore les cadrages en biais. Pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre manière de photographier ?
Tout d’abord il s’agit d’un travail personnel, l’idée était donc de se faire plaisir (photographiquement parlant) et de défendre le mieux possible le sujet, avec une ligne éditoriale qui était de ne pas tomber dans certain cliché de la baraque un peu grasse et crade (ce qui est tout le contraire en réalité). L’autre écueil à éviter était de ne pas lasser le lecteur avec 25 baraques à frites. Il a donc fallu trouver des idées de cadrage et de lumières différents à chaque fois. Et là c’est un vrai travail d’équipe parce que les critiques des trois autres membres de l’équipe m’ont beaucoup aidé. C’est grâce à l’équipe que j’ai réussi, au cours des 2 ans qu’a duré le projet, à faire évoluer ma manière de photographier.
Qu’avez-vous fait des nombreuses photos qui ne figurent pas dans ce livre ?
Je ne suis pas un photographe qui mitraille ; et comme toutes les photos sont réalisées en argentique - les couleurs sont faites avec un Fuji 6x17- on ne peut pas se permettre de faire 20 cadrages différents. Je n’ai donc fait qu’un seul cadrage à chaque fois, et pour les noirs et blancs j’ai à peu près une seule planche par baraque, donc les images qui ne sont pas dans le livre ne représentent pas forcément un grand intérêt : elles sont dans un tiroir a la maison !
Comme je l’ai déjà écrit : les textes sont très biens. Comment avez-vous motivé les nombreux auteurs qui ont accepté - apparemment bénévolement - d’écrire leur amour pour la baraque à frites : avec une barquette de frites au vinaigre ?
Effectivement, et c’est important, ils ont tous participé bénévolement. Sinon, c’est Blandine qui s’est occupée de ce travail titanesque, d’identifier les personnalités du Nord, de les motiver et surtout de les relancer pour obtenir les textes à temps pour la sortie du livre. Il lui a fallu beaucoup de persévérance et de conviction.
La baraque à frites, c’est un peu la France d’en bas, un coin vivant pas encore aseptisé par la mondialisation ! Votre projet est anticonformiste, politique, non ?
C’est effectivement un livre engagé pour préserver le patrimoine et certaines particularités du Nord. Avec les normes européennes et plus globalement avec la standardisation ambiante, tout ce patrimoine créé par la baraque à frites risque de disparaître. Il faut donc les défendre avec tous les outils disponibles et notamment la photo. Motiver les politiciens pour cette cause a été pratiquement impossible, lesquels sont semble-t-il trop préoccupés par des intérêts autres. Caroline était chargée de rechercher des partenaires financiers privés et publics, et malgré son opiniâtreté, les soutiens des autorités publiques et des politiques ont été nuls. Le Conseil Régional du Nord a même été jusqu’à dire - une fois le livre sorti - qu’il pensait que notre projet était une blague. Pour résumer, ce livre est aussi un engagement contre la culture Mac Do et toute sorte de restauration rapide, dénuée d’humanité et de qualité. Tout le contraire des baraques à frites où le patron ou la patronne prend le temps d’écouter et dire un petit mot à ses clients, et se fait une fierté de travailler de la patate fraîche.
Pour en savoir + sur Le nord de la frite, cliquez sur l’image ci-dessous