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Auteur de roman policier du sud (marseillais ?), cela veut dire quoi
pour vous ?
A la première question, je n’ai pas vraiment de réponse. sud ou nord, c’est peut être une histoire de décor. Mes personnages sont méditerranéens, c’est un fait, parce qu’ils naissent de mes expériences et rencontres. Si j’habitais Roubaix ou Tourcoing, ils auraient sans doute une autre touche, mais les ressorts qui les animent seraient-ils vraiment différents ? Ce sont les humains qui m’intéressent.
Une intrigue d’un roman d’espionnage résolue en partie par un cheval et un cochon, est-ce bien sérieux. Vous aimez bien raconter des histoires, non ?
Sérieux ? qui est sérieux, aujourd’hui ? Quand, dans certains pays, hommes et femmes portent à la tête de leur état des ânes bâtés, voire des chacals, pourquoi me priverais-je de mettre en scène la sagesse profonde du cochon solitaire ou l’irrépressible désir de liberté d’un zèbre mal rayé ? Des histoires, on nous en raconte tant, de toutes sortes, à dormir debout, c’est sûr ! En ce sens, j’en viens parfois à me dire que seule la fiction ne ment pas.
Avez-vous rencontrer beaucoup de Hocine ?
Hocine. vous pensez qu’il s’agit d’un personnage de fiction ? et si je vous parlais d’un plombier zingueur algérien qui, à dix-sept, écoutait Brel et Brassens, qui lisait les philosophes grecs et se battait avec un cutter, penserez-vous que je vous raconte une histoire marseillaise ? Je lui rends un peu hommage dans ce bouquin, à lui et à sa fille qui s’est ouvert les portes d’un tas de hautes écoles en bossant comme une forcenée. Mais il y en a d’autres. pas des milliers, bien sûr, quoique je crois que beaucoup de potentiels, aujourd’hui, finissent dans des impasses.
Vous avez choisi d’éliminer l’agent secret américain et par contre de garder en vie (un peu diminué) le terroriste d’Al-Qaida. C’est un choix politique, non ?
Non, pas de choix politique du tout. Je ne les aime ni les uns ni les autres. Quand j’ai commencé à construire l’histoire, le coup de casserole de maman Ben Saïd devait être fatal à El Makir. Puis j’ai décidé de le garder en vie pour les besoins du récit. D’ailleurs, pour moi ils sont pratiquement un seul et même personnage, comme le miroir et son envers, le castor et son pollux, la raquette de ping pong et la raquette de ping pongÅ¡ Le seul problème, c’est que sur la petite balle blanche, entre les deux, y a pas mal de monde. un de ces quatre, il faudra bien qu’on arrête la partie.
Comment êtes-vous arrivé chez Gaïa, cet éditeur spécialisé dans la littérature nordique ?
Après pas mal d’années pendant lesquelles les éditeurs ont refusé mes manuscrits, mes envois se sont fait plus rares. J’ai renoncé à envoyer mes histoires aux grands éditeurs après avoir à peu près compris comment fonctionnait la machine. Mon premier bouquin publié, qui n’est pas un polar (le périple d’Arios) je l’ai proposé à deux petits éditeurs dont Gaïa. non sans avoir pris la précaution de téléphoner avant, afin de savoir si ma démarche n’était pas totalement inutile. Gaïa a accepté de prendre un risque. Tout cela s’est passé par téléphone, par le web et par courrier. Nous ne nous sommes rencontrés que bien plus tard.