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London Boulevard.
Fayard, 2008 324 p. ISBN : 9782213628196
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Interview de Ken Bruen
par Bernard Strainchamps
traduit par Bernard Blanc
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« Ken Bruen, ça décoiffe, ça décape mais sans cynisme. C’est humain et engagé mais sans illusion... C’est de la prose intelligente qui se joue de la fiction et des codes du polar avec passion. C’est incontournable. »


Il y a une rumeur qui circule sur Internet : c’est en mangeant des frites chez Mac Donald (mac de naze en français) que vous auriez eu l’envie de devenir écrivain de roman policier. Est-ce un hoax, une conspiration, ou confirmez-vous ?

C’est un hoax... J’ai écrit mon premier polar pour de jeunes Noirs que j’avais comme élèves à Brixton, pour essayer de leur donner envie de lire.

Brant connait par coeur tous les romans d’Ed Mc Bain. Pourriez-vous m’aider à faire connaitre cet auteur à des lecteurs qui ne lisent que Mary Higgins Clark et Patricia Cornwell ?

McBain a écrit plus de 80 romans, tous très divertissants et il a inspiré “Hill Street Blues”, etc. Ses romans du cycle “87th Precinct” sont courts, merveilleux et ils vous rendent vite accro. Il a aussi écrit sous le pseudo d’Evan Hunter avec, là encore, beaucoup de succès ; il a aidé à populariser le roman policier et c’est vraiment lui qui a inventé le genre “roman de procédures policières”.

Pelecanos est-il vraiment le plus grand auteur de romans policiers ?

Avec James Sallis et Daniel Woodrell.

Vous citez beaucoup d’auteurs dans vos romans. La littérature, est-ce le dernier refuge dans un monde qui ne serait plus qu’un délire ?

Les livres ne sauveront sans doute pas le monde, mais ils nous aident à supporter sa folie, et tant que les gens liront, il y aura un peu d’espoir.

Qu’est ce qui motive l’écriture d’un Jack Taylor plutôt qu’un R & B ? Et vice-versa.

Taylor pour le côté sérieux de ma nature et pour décrire la nouvelle Irlande dans toute sa cupidité et sa nouvelle prospérité, et Brant pour le pur plaisir.

Comment construisez-vous ces intrigues sans vous casser la gueule ?

Avec un très très grand soin, beaucoup de chance et un sacré paquet de prières.

C’est en attendant Godot que vous avez développé cet humour ? Perso, j’ai demandé à mon dentiste de prendre en location mon dernier plombage, il n’a pas voulu....

Le jour où j’ai compris que le monde était si dingue, j’ai dû choisir entre me marrer ou chialer et le rire m’a paru plus facile.

Varg Veum, le personnage récurant de Gunnar Staalesen, est aujourd’hui utilisé par l’office du tourisme de Bergen comme argument publicitaire. Pensez-vous que demain Galway va récupérer Jack Taylor ?

Il faudra d’abord que l’Office du tourisme irlandais me passe sur le corps.

En France, il vient de sortir au Seuil Sombres desseins, roman que vous avez co-écrit avec Jason Starr. Pourriez-vous nous dire comment s’est déroulé cette écriture à quatre mains ?

On travaille par mail. Jason écrit à la façon de Bruen, et moi j’écris à la façon de Jason, et du coup on a une voix totalement nouvelle. Jason m’envoie un chapitre, je bosse dessus puis je le lui renvoie. On a travaillé ensemble sur chaque chapitre et ça a presque toujours été un très grand plaisir.




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